La question revient à chaque audit que je fais pour un nouveau client. On ouvre le profil de liens, et là, invariablement, quelqu'un demande : « Attends, pourquoi ce lien est en nofollow ? » Et presque toujours, la réponse qui suit est fausse.
Je vais être direct : la différence entre nofollow et dofollow est l'un des sujets sur lesquels j'ai vu le plus de bêtises circuler, y compris dans des articles signés par des agences respectables. Pendant des années, j'ai moi-même répété une simplification qui n'était plus vraie. Alors voilà ma version honnête, avec ce qui a changé et ce que ça implique concrètement.
Points clés à retenir
- Un lien dofollow est simplement un lien sans attribut
rel: c'est le comportement par défaut. - Le nofollow signale, il n'interdit pas : Google le traite comme un indice, pas comme un ordre absolu.
- Depuis l'arrivée de
rel="sponsored"etrel="ugc", il existe trois valeurs distinctes là où on n'en avait qu'une. - Un profil de backlinks sain contient toujours du nofollow. Zéro nofollow, c'est suspect.
- J'ai déjà vu un site gagner en visibilité après avoir nofollowé une partie de ses liens sortants.
Nofollow ou dofollow : la définition que personne ne pose vraiment
Commençons par le truc que 90 % des articles oublient de dire clairement. Le dofollow n'existe pas. Enfin, techniquement, il n'y a pas d'attribut rel="dofollow". Ça n'a jamais existé dans aucune spécification HTML.
Un lien « dofollow » est un lien normal. C'est-à-dire une balise <a> avec un href et rien d'autre. Le moteur suit le lien, point. Le terme « dofollow » est un raccourci inventé par la communauté SEO pour désigner ce qui n'a pas de nofollow. Ça m'agace un peu, mais je l'utilise aussi parce que tout le monde comprend.
Ce que fait vraiment l'attribut rel="nofollow"
Le nofollow, lui, est bien réel. On l'ajoute dans l'attribut rel de la balise :
<a href="https://exemple.fr" rel="nofollow">un lien</a>
L'intention d'origine, quand Google l'a introduit au milieu des années 2000, était simple : empêcher les spammeurs de gonfler leur PageRank en inondant les commentaires de blogs et les forums de liens. Le message était « ce lien n'est pas une recommandation de ma part ». Pendant plus de dix ans, on l'a interprété comme un interrupteur binaire. Nofollow = zéro transmission. Dofollow = transmission pleine.
Ce modèle a volé en éclats. Et beaucoup de gens ne l'ont pas remarqué.
Ce que Google fait vraiment d'un nofollow en 2026
Ici, j'ouvre une parenthèse personnelle. En 2019, Google a annoncé que l'attribut nofollow deviendrait un « indice » et non plus une « directive ». Sur le papier, ça voulait dire : on peut décider de suivre le lien malgré tout, à notre discrétion.
Sur le terrain, ce que j'ai observé pendant des mois de tests sur mes propres sites, c'est que rien n'a changé de façon visible. Les liens nofollow n'ont pas soudainement commencé à transmettre de l'autorité de manière mesurable. Ce que Google s'est en réalité réservé, c'est la possibilité de traiter différemment certains cas sans avoir à rendre de comptes.
Trois choses distinctes qu'on confond tout le temps
Le piège, c'est de croire qu'un lien n'a qu'une seule fonction. Il en a trois, et le nofollow ne les affecte pas de la même manière :
- La découverte (crawl) : Google peut toujours suivre un nofollow pour trouver une page. Un lien nofollow reste un chemin d'exploration.
- L'indexation : le nofollow n'empêche pas la page cible d'être indexée. Pour ça, il faut une balise meta robots ou un fichier robots.txt.
- La transmission d'autorité : c'est là, et seulement là, que le nofollow joue son rôle.
Un nofollow mal compris, c'est un lien qu'on croit « fermé » alors qu'il laisse passer les robots. Voilà pourquoi je vois régulièrement des gens nofollower des liens internes en espérant économiser du « jus ». Le problème ? Ça ne marche pas comme ça. Un lien interne nofollowé reste crawlable, et vous vous privez juste d'un signal de maillage.
Tableau comparatif : ce qui change réellement
Le tableau ci-dessous résume les trois valeurs d'attribut qui existent aujourd'hui. Parce que oui, il y en a trois, et l'immense majorité des articles n'en mentionne qu'une ou deux.
| Attribut | Usage | Transmet l'autorité ? | Signal pour Google |
|---|---|---|---|
| Aucun (dofollow) | Lien éditorial de confiance | Oui | Recommandation |
rel="nofollow" | Lien non validé, douteux | Non (indice) | Pas une recommandation |
rel="sponsored" | Lien payant, partenariat rémunéré | Non | Contenu commercial déclaré |
rel="ugc" | Contenu généré par les utilisateurs | Non | Contenu non vérifié |
Franchement, sponsored et ugc sont les deux valeurs les plus négligées. Si vous vendez des placements de liens et que vous restez en nofollow générique, vous êtes techniquement hors des clous depuis des années. Le simple fait de basculer en sponsored ne change rien à votre référencement, mais ça aligne votre site sur ce que Google attend.
Quand utiliser le nofollow (et quand s'en abstenir)
Il y a une chose que j'ai apprise à la dure : mettre du nofollow partout par sécurité, c'est une erreur de débutant. J'ai fait ça sur mon premier blog. Résultat : un profil de liens complètement plat, et une perplexité totale quand j'ai voulu comprendre pourquoi mes pages de services ne décollaient pas.
Les cas où le nofollow est justifié
- Les liens dans les commentaires et sur les forums, avant modération
- Tout lien payant ou sponsorisé (préférez
sponsored) - Les liens vers du contenu que vous ne cautionnez pas mais que vous devez citer
- Certains liens d'affiliation, si vous n'avez pas de valeur ajoutée éditoriale autour
- Les liens dans les zones de pied de page répétées sur des milliers de pages
Les cas où vous vous tirez une balle dans le pied
Ne nofollowez jamais vos liens internes. Jamais. Un lien interne sert à la fois à la navigation, au crawl et à la répartition de l'autorité à l'intérieur de votre site. Le nofollower revient à couper un pont et à espérer que les gens traversent quand même à la nage.
Et ne nofollowez pas non plus les liens vers des sources que vous citez sincèrement. Si vous référez un article qui vous a servi, c'est une recommandation. Traitez-la comme telle.
À quoi ressemble un profil de backlinks crédible
Voici un chiffre qui va peut-être vous surprendre : sur la majorité des sites que j'ai audités, la part de liens nofollow entrants dépasse rarement 35 %, et c'est pourtant parfaitement normal. Un profil où 100 % des liens sont dofollow, en revanche, c'est une anomalie.
Pourquoi ? Parce que les liens nofollow arrivent naturellement. Un lien dans un fil de discussion, un profil social, une mention dans un annuaire, un commentaire de blog : tout ça est nofollow par défaut. Si vous n'en avez aucun, soit vous avez acheté tous vos liens, soit votre profil est artificiel. Les deux sont mauvais signaux.
Une répartition que je considère saine, à vue de nez : entre 60 et 75 % de dofollow, le reste en nofollow, avec une petite part d'ugc et de sponsored si le site en héberge. Ce n'est pas une règle absolue, mais c'est un ordre de grandeur qui m'a servi de repère pendant des années.
Les questions qu'on me pose le plus souvent
Un lien nofollow fait-il perdre de l'autorité à mon site ?
Non. Un lien sortant nofollow ne « consomme » pas votre PageRank au sens où on l'entendait il y a quinze ans. Dans les faits, ce que l'attribut fait, c'est empêcher la cible de recevoir un signal positif de votre part. Votre propre autorité n'est pas amputée. La vieille théorie du « jus qui fuit » relève largement du mythe.
Peut-on transformer un lien nofollow en dofollow après coup ?
Oui, techniquement, c'est juste une modification d'attribut. Mais la question qui compte est : faut-il le faire ? Si un lien était nofollow parce qu'il pointait vers un contenu douteux, changer l'attribut ne rend pas le contenu meilleur. Je préfère retirer complètement un lien que je ne cautionne plus, plutôt que de jouer avec les attributs.
Le nofollow sur un lien interne est-il utile un jour ?
Dans 99 % des cas, non. La seule exception que j'ai rencontrée, c'est une page de connexion ou un tunnel de paiement qu'on veut exclure du crawl pour d'autres raisons. Et même là, une balise meta robots ou une règle robots.txt fait le travail plus proprement. Le nofollow interne, c'est un pansement sur une jambe de bois.
Ce qui reste quand on a tout compris
La vraie différence entre nofollow et dofollow ne tient pas dans une histoire de « jus » ou de transmission d'autorité. Elle tient dans une intention. Un lien dofollow dit : « je recommande ceci ». Un lien nofollow dit : « ce lien existe, mais je ne me porte pas garant de ce qu'il y a derrière ».
Et c'est précisément pour cette raison que je trouve l'attribut mal nommé. Il ne dit pas « ne suis pas », il dit « ne me fais pas confiance ». C'est une nuance qui change tout quand vous construisez une stratégie de liens. Vous ne cherchez pas à accumuler des dofollow. Vous cherchez à ce que les gens recommandent sincèrement vos pages. Le reste, les attributs, les pourcentages, les profils, ce sont juste des indicateurs qu'on lit après coup.
La prochaine fois que vous ouvrez un profil de liens et que quelqu'un s'étonne d'un nofollow, posez la bonne question : « Est-ce que la personne qui a mis ce lien voulait vraiment nous recommander ? » Si la réponse est non, l'attribut est correct. Si la réponse est oui, alors là, il y a un problème à corriger.